Chirurgie de l'obésité - Le Goff Technique

L’obésité infantile est désormais une crise mondiale

Je découvre, sans grande surprise je dois dire, les derniers chiffres de l’OMS qui montrent que l’obésité infantile est en train d’atteindre un niveau alarmant dans le monde. On estime désormais à 41 millions le nombre d’enfants de moins de cinq ans en surpoids ou obèses en 2014. Fait frappant, l’épidémie a surtout explosé dans les pays en développement, notamment en Afrique et en Asie, de telle sorte que désormais les enfants obèses dans ces pays dépassent en nombre ceux des pays développés.

Ces nouvelles données, publiées dans un rapport de la Commission on ending Childhood Obesity de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), montrent que 48% des enfants de moins de cinq ans touchés  vivent en Asie et 25% en Afrique.

Ainsi, en Afrique, le nombre d’enfants obèses ou en surpoids a doublé au cours des 24 dernières années, bondissant de 5,4 millions à 10,3 millions.

Le drame est que, dans la plupart des cas, les enfants obèses ont une forte probabilité de le rester à l’âge adulte, entraînant des risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et d’asthme.

Les conséquences débordent souvent malheureusement le simple cadre sanitaire pour conduire à des problèmes d’ordre psychologique (faible estime de soi) et de discrimination sociale, notent les experts auteurs du rapport. « L’obésité peut également avoir un impact sur la réussite scolaire », souligne ainsi le Dr Sania Nishtar, co-président de la Commission.

Il n’y a toutefois pas de fatalité car, aux Etats-Unis, une politique de prévention de grande ampleur a permis de réduire de manière importante le nombre d’enfants obèses âgés de 2 à 5 ans, portant le pourcentage de 13,9% en 2004 à 8,4% en 2012.

Pour les pays en développement, le problème de santé publique est aggravé par le coût énorme que fait peser l’épidémie d’obésité sur les finances publiques, soit à travers les dépenses directes de santé, soit à travers des coûts indirects, comme par exemple la perte de productivité.

La Commission formule une série de recommandations à l’OMS afin que les gouvernements mettent en œuvre des mesures énergiques de prévention pour endiguer la vague montante de l’obésité chez les enfants.

La prévention reste la clé car il n’est pas question de recourir à la chirurgie bariatrique pour opérer des enfants jeunes.

Personnellement, je refuse d’opérer des enfants de moins de 13 à 14 ans, et ceci pour de multiples raisons fondamentales.

 Le traitement de l’obésité, y compris sévère, pour les enfants est d’abord pluridisciplinaire, nutritionnel, psychologique surtout, et de reprise d’une activité physique (vélo, natation et autres sports compatibles avec l’obésité). L’approche psychologique est essentielle chez les enfants pour résoudre les problèmes, le plus souvent à l’origine de cette obésité. Cette prise en charge  est habituellement plus facile chez l’enfant que chez l’adulte, ainsi que la résolution des problèmes psychologiques car ceux-ci sont beaucoup moins enfouis chez l’enfant.

Cependant, quand une chirurgie bariatrique est décidée, pour optimiser grandement l’amaigrissement, quand la prise en charge pluridisciplinaire n’a pas suffi, il faut se tourner résolument vers une chirurgie réversible, conservatrice, non mutilante. A cet égard, ma méthode, la gastroplastie avec plicature partielle dite Le Goff Technique, constitue l’indication chirurgicale de référence de par ses résultats, son caractère non invasif, l’absence de carences, sa mortalité post opératoire nulle, ses très bonnes suites opératoires. Faire une sleeve ou un by-pass à des adolescents, des interventions qui sont irréversibles, aux complications importantes et générant des carences nutritionnelles non négligeables, me parait tout à fait déraisonnable. Citons cet exemple fou, condamnable,  de confection d’un by-pass sur un enfant de 4  à 5 ans en Arabie Saoudite.