Chirurgie de l'obésité - Le Goff Technique

Chirurgie de l’obésité : les bienfaits méconnus sur la santé

Lorsque tout a échoué pour combattre l’obésité sévère morbide (98% des cas), la chirurgie bariatrique intervient comme la solution de la dernière chance.

A ce titre, c’est une chirurgie à visée vitale et non esthétique pure. Si l’objectif premier est de parvenir à une perte d’excès de poids pérenne, elle va aussi avoir des effets bénéfiques sur la santé en général, en induisant une diminution des comorbidités, voire leur disparition, et, au final, pour le patient, un allongement de l’espérance de vie.

En effet, l’obésité entraîne une augmentation de la masse corporelle mais augmente aussi les risques de développer tout un cortège d’affections chroniques. Parmi ces comorbidités, on trouve l’hypertension artérielle (risque multiplié par quatre), le diabète (risque multiplié par 8), arthrose (risque x5) dépression (risque x1,8), etc. A cela s’ajoutent des complications respiratoires importantes (apnée du sommeil) qui diminuent d’autant la qualité de vie et l’espérance de vie (par les complications cardio-vasculaires). Il a également été montré que le surpoids et l’obésité sont responsables de 3,6% des nouveaux cas de cancer des adultes (cancer du sein, du colon, du rectum, œsophage, du pancréas, de l’utérus, de la prostate, du foie, des ovaires et d’hémopathies, dont les leucémies).

De plus, après la survenue d’un cancer, le surpoids et l’obésité augmentent la mortalité et le risque de récidive d’un cancer, de même que le risque d’apparition d’un autre cancer.

Les autres bienfaits de la chirurgie

Je ne reviendrai pas ici sur la perte d’excès de poids, qui est maintenant bien documentée. En revanche, les autres bienfaits de la chirurgie de l’obésité ne sont pas non plus à démontrer, même si les différentes méthodes chirurgicales utilisées ne se valent pas et n’ont pas les mêmes effets. Néanmoins, on peut déjà en énumérer quelques-uns en s’appuyant sur la première grande étude de référence (Swedish Obesity Study), publiée en 2007.

Les chercheurs ont ainsi pu établir que sept ans après une chirurgie bariatrique, on constatait :

  • une réduction de 40% à 85% de la mortalité globale (sur 5 à 7 ans) due notamment à une diminution des évènements cardiovasculaires et près de 50% sur 15 ans
  • une résolution de 34% des hypertensions à deux ans (19% à 10 ans)
  • une résolution des cas de diabète de type 2 de 72% à 2 ans (et jusqu’à 85% à 10 ans)
  • une diminution, voire une disparition, de l’apnée du sommeil
  • une régression de la stéatose hépatique qui peut entrainer une cirrhose.
  • une diminution des douleurs et complications articulaires

La chirurgie bariatrique améliore donc considérablement la qualité de vie du patient obèse. Son humeur s’améliore, il retrouve une activité sexuelle normale et voit son confort alimentaire et digestif grandement accru. Sa vie sociale s’en trouve confortée et sa réinsertion professionnelle facilitée.

Le suivi des carences nutritionnelles

Les patients ayant subi des chirurgies malabsorptives de type sleeve ou bypass sont susceptibles de présenter d’importantes carences nutritionnelles. Une supplémentation en vitamines et oligo-éléments est donc systématiquement prescrite et adaptée selon les bilans nutritionnels réguliers. Mais cela ne suffit pas, les patients restants carencés, en particulier ceux ayant subi un bypass.

La Technique Le Goff, équivalente pour l’amaigrissement au bypass (voire supérieure), consiste en une gastroplastie avec plicature gastrique partielle. Elle ne présente pas ces inconvénients car l’estomac est préservé. En effet, la pose de l’anneau est réalisée conjointement avec le repli de la partie haute de l’estomac sur l’anneau, ce qui permet de le fixer solidement, l’empêchant de glisser. L’anneau certes va diminuer les volumes d’apports alimentaires mais n’éliminera pas le travail digestif et les sécrétions indispensables effectuées par l’estomac pour l’absorption des aliments.

Moins de complications, des économies pour la Sécu

L’autre avantage de la Technique Le Goff, et non des moindres, est d’entraîner d’importantes économies pour la Sécurité sociale.

En effet, alors qu’il n’est pas rare de voir des patients ayant subi sleeve et bypass être réopérés jusqu’à six ou sept fois (voire plus) au cours de leur vie, en raison des nombreuses complications qui peuvent survenir, il est rare que je réopère des patients à qui j’ai posé un anneau, selon ma technique. J’ai des patients même qui n’ont jamais eu besoin d’être réopérés une seule fois en 20  ans. Et ce donc depuis avril 2016 !