Chirurgie de l'obésité - Le Goff Technique

Quel suivi après une chirurgie de l’obésité? Pourquoi ma méthode fonctionne si bien depuis 20 ans

Le suivi post-opératoire reste le problème majeur en chirurgie de l’obésité. Ce constat est dressé chaque année et encore récemment par l’Académie nationale de chirurgie et ressort aussi des travaux de la Société française et francophone de chirurgie de l’obésité et des maladies métaboliques (SOFFCO-MM).

L’Académie l’a rappelé il y a quelques semaines : la chirurgie de l’obésité est tout sauf anodine (mortalité, complications, carences). En sept ans, le nombre d’opérations de patients atteints d’obésité morbide a triplé : 47.000 interventions en 2014, soit quatre fois plus qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni. Et pourtant, malgré cet essor, le suivi des patients ayant subi une chirurgie bariatrique demeure le parent pauvre de la prise en charge.

Or un suivi médical, nutritionnel et psychologique reste absolument nécessaire et fondamental. Car la chirurgie, quelle que soit la méthode utilisée, modifie radicalement la façon de manger, d’absorber et de digérer l’alimentation. Penser que, parce qu’on a subi une opération, l’on pourra continuer à manger sans aucun changement, comme avant est une erreur fatale. Il faut réapprendre à se nourrir, réduire ses portions et réorienter ses mauvaises habitudes alimentaires vers des pratiques nutritionnelles plus saines. En bref, si l’on continue de se gaver de sodas sucrés après une chirurgie de l’obésité, cela veut dire que l’on n’a pas traité les aspects psychologiques qui sont, je le sais maintenant avec le recul, à 80%-90% à l’origine de la maladie. Et il y a donc un fort risque que l’on regrossisse après la perte de l’excès de poids initiale. De plus, les techniques comme la sleeve et surtout le bypass sont des méthodes malabsorptives : elles entraînent des effets secondaires sérieux sous la forme de carences en vitamines et oligo-éléments.

Le suivi, clé de la réussite à long terme

Un suivi étroit du patient est donc un aspect essentiel à la réussite à long terme. Or, rappelle l’Académie de chirurgie, lorsque la technique utilisée est une sleeve ou un by-pass, rares sont les cas où le suivi des patients excède deux ans, rappelle l’Académie de chirurgie.

Pour quelles raisons ? Le plus souvent, tout simplement, les spécialistes manquent de temps pour suivre les opérés bariatriques. Les nutritionnistes sont en nombre insuffisant ou mal rémunérés pour des consultations longues, avec peu d’actes techniques. Quant aux autres spécialistes, les consultations de suivi ne sont tout simplement pas pris en charge par l’assurance maladie. Enfin, et c’est tout aussi important, ces patients « perdus de vue » tendent à relâcher leurs efforts au fur et à mesure que le temps passe. Ils reprennent du poids, en sont malheureux, déprimés et n’osent pas revenir vers leur chirurgien, et surtout avec sleeve et by-pass.

La semaine dernière, le Collectif national des associations d’obèses (CNAO), en collaboration avec la SOFFCO et l’Académie nationale de chirurgie, a publié un livre blanc sur la question pour aider patients et praticiens à construire ce type de relation durable. Parmi ces recommandations du groupe de travail figurent la nécessité de mettre l’accent sur l’éducation thérapeutique et la création de maisons de l’obésité. Il propose également que les ordonnances de vitamines, ainsi qu’un suivi psychologique au long cours soient pris en charge par l’assurance maladie.

Pour ma part, j’ai toujours pensé, et ce depuis 20 ans, que le suivi était une condition sine qua non de la réussite de la chirurgie : suivi et chirurgie sont les deux jambes d’un même corps pour aller vers un amaigrissement durable. Et je vois chaque année avec un plaisir non dissimulé de plus en plus de spécialistes se rallier à mon opinion.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la technique innovante de chirurgie de l’obésité que j’ai mise au point, dite Technique Le Goff, produit des résultats aussi excellents. Car le suivi pluridisciplinaire du patient est une pièce maîtresse, à la fois avant l’opération pour préparer le patient à ce qui l’attend, comprendre les ressorts psychologiques qui sont, j’insiste, à 80%-90% à l’origine de son obésité sévère, et aussi après l’opération pour l’accompagner dans sa nouvelle vie et s’assurer que la perte de poids initiale reste durable. De plus, avec ma méthode, il n’existe pas de carences, donc pas de besoins de supplémentations vitaminiques à vie, ce qui est appréciable et fondamental.

Le boîtier, une « télécommande » très efficace pour le suivi

Dans la Technique Le Goff, très schématiquement et sans entrer ici dans les détails techniques de l’intervention, la pose de l’anneau se double d’un repli de la partie haute de l’estomac, que je fixe sur l’anneau, ce qui permet de faire d’une pierre 4 coups : éviter que l’anneau glisse, réduire la taille de l’estomac mais sans mutilations, stimuler les centres de la satiété (les patients ont peu faim, voire plus faim),et ralentir l’évacuation de l’estomac et répétons-le, sans aucune mutilations.

Cette méthode est donc réversible mais surtout elle est modulable. En effet, on peut à souhait élargir ou rétrécir le diamètre de l’anneau pour laisser passer plus ou moins de nourriture. Cela se fait à partir d’un petit boîtier de gonflage/dégonflage que l’on garde sur les muscles abdominaux, profond sous la peau, non visible et dans lequel, sous radiologie, je peux injecter plus ou moins de liquide physiologique. Or par des phénomènes naturels d’osmose, la chambre de l’anneau peut avoir tendance à gagner un peu de liquide et son diamètre a tendance à augmenter. Du coup, les patients parfois m’appellent et me disent : « Docteur, j’ai un peu de mal à manger ? J’ai trop maigri. Est-ce que vous pourriez me desserrer un peu ? ». Les voici obligés de revenir en consultation pour que je puisse recalibrer la taille de l’anneau. C’est une sorte de « télécommande » très efficace pour un suivi régulier des patients tous les ans.

Résultat, je continue ainsi de suivre plusieurs centaines de patients opérés, certains il y a vingt ans, et qui n’ont jamais repris de poids ni eu besoin d’être réopérés. Ce suivi est bien entendu médical mais aussi comprend des rendez-vous si besoin avec l’équipe de spécialistes (nutritionniste, psychiatre-psychanalyste, médecin traitant etc.). Avec ma méthode, le fonctionnement de l’anneau et du montage est un miroir du fonctionnement du psychisme. Le patient devient acteur de son amaigrissement, alors qu’il est le plus souvent un spectateur, dans le cas des sleeve et des by-pass.