Chirurgie de l'obésité - Le Goff Technique

Chirurgie de l’obésité : de l’importance du suivi à long terme

La presse s’en est fait l’écho, des spécialistes ont donné leur avis… Les différentes études sur la chirurgie bariatrique ayant un recul de dix à 20 ans et plus, peu nombreuses par ailleurs, semblent converger. Et le moins que l’on puisse dire est que l’engouement du début a parfois été déçu.

Un récent article* revient justement sur les taux de réussite des différentes chirurgies, tout en soulignant que le nombre de personnes opérées puis perdues de vue avoisine les 60-70%. Ce chiffre est d’ailleurs assez préoccupant, révélant toute la difficulté du suivi multidisciplinaire à moyen et long terme, pourtant essentiel.

Pour ma part, je parviens à suivre régulièrement 58% de mes patients opérés sur une période de 15 ans (522 sur 897 opérés), soit un taux de perdus de vue de 42%. Je suis aussi de très nombreux malades opérés il y a 20 ans.

En effet, contrairement aux autres chirurgies, la Technique Le Goff, qui consiste en une gastroplastie par anneau avec plicature partielle de l’estomac, impose un suivi médical régulier rigoureux, en particulier à l’occasion du « gonflage » ou « dégonflage » de l’anneau effectué par le chirurgien. Ces vérifications régulières et absolument nécessaires entrainent un suivi induit quasi obligatoire qui permet de renforcer la prise en charge nutritionnelle et psychologique et d’encourager l’activité physique.

Les résultats de perte de poids s’en trouvent impactés. A ce propos, toujours selon l’article*, après 18 ans, 42% des anneaux simples ont été ôtés pour complications, reprise de poids ou intolérance. Il y a encore peu de recul avec la sleeve gastrectomie, apparue seulement en 2002. Globalement, les suivis à moyen et long terme sont rares. Une récente étude américaine a chiffré qu’après quatre ans, la perte de poids moyenne avec un bypass était de 30%, de 20% avec la sleeve et de 10-12% avec l’anneau simple (28,6%, dix ans après bypass).

L’emblématique étude SOS (Swedish Obesity Study) – registre suédois des chirurgies de l’obésité – se distingue par sa longue durée de suivi : la perte de poids moyenne est de 27% après vingt ans pour le bypass, l’intervention la plus pratiquée. En général, un tiers du poids perdu est repris entre deux et huit ans après l’intervention. La Technique Le Goff, elle, a démontré une perte de poids de 59% à 15 ans (évaluation sur 522 patients).

On le voit, les taux d’efficacité de perte de poids obtenus par anneau simple, by-pass ou sleeve gastrectomie semblent relativement faibles. Certes, la taille mannequin n’est pas l’objectif de la chirurgie bariatrique dans l’obésité et il ne faut pas confondre chirurgie de l’obésité et chirurgie esthétique. Néanmoins, je m’inscris en faux lorsque des experts rappellent que l’enjeu est de ramener l’IMC au-dessous de 35, c’est-à-dire en deçà d’une obésité exposant à des risques cardiométabolique graves. Certes, cet objectif est louable mais il ne faudrait pas pour autant s’en contenter ! C’est à mon sens un objectif bien trop modeste au vu des résultats que je suis en mesure de rapporter avec ma méthode : perte de poids, taux de mortalité nul en presque 21 ans d’exercice, très faible taux de complications. C’est à comparer aux risques non négligeables liés aux opérations de sleeve gastrectomie et de by-pass gastrique, où l’on constate une mortalité de 214 décès en France en 2014 et des complications post-opératoires.

 

* « Chirurgie de l’obésité : des interrogations sur le long terme », le Figaro, 26 janvier 2017