la chirurgie métabolique - chirurgie de l'obésité - Le Goff Technique

La chirurgie métabolique, un traitement revolutionnaire du diabète parmi les autres ?

La chirurgie bariatrique est devenue « métabolique », en raison de son impact sur des maladies comme le diabète et non plus uniquement sur le surpoids, observé dans les études mais également la vraie vie. En effet, c’est un constat fréquent au sein de ma patientèle en surpoids et diabétique de type 2, opérée sans exception avec la technique Le Goff. Suite à la chirurgie, le diabète s’améliore, avec un traitement antidiabétique oral et/ou injectable considérablement allégé, voire très souvent plus de traitement du tout.

Effet collatéral de la perte de poids, l’amélioration du taux de sucre dans le sang (glycémie) et de son reflet sur les trois deniers mois (hémoglobine glyquée) voire la rémission du diabète de type 2, obtenues grâce à la chirurgie bariatrique, n’étaient pas jusqu’alors suffisamment étayées sur le court, moyen et long terme pour imaginer qu’elle permettrait un jour de mieux soigner le diabète.

La littérature scientifique s’est renforcée récemment et 2016 a marqué un changement de paradigme. Les résultats à quinze ans de l’emblématique étude suédoise SOS (Swedish Obesity Study) ont été présentés au dernier congrès européen (EASD 2016) et sont sans appel : la chirurgie bariatrique protège du diabète : celui-ci est deux fois moins prévalent dans le groupe chirurgie, quinze ans après celle-ci. De plus, la rémission du diabète après chirurgie s’est révélée durable : 30% des patients étaient en rémission de leur diabète. Celle-ci allait de pair avec une réduction de 80% des complications micro et macro-vasculaires c’est-à-dire sur les yeux, les reins, les nerfs et le système cardiovasculaire.

Ralentir la progression des complications liées au diabète

Toutes techniques confondues, il semblerait que l’amélioration du diabète avoisine les 80%. Une compilation d’études en 2015 a montré un taux de rémission moyen à court terme du diabète de type 2 similaire, de l’ordre de 70%, que l’Indice de masse corporelle (IMC) soit supérieur ou inférieur à 35 kg/m2. Celui-ci s’altère avec le temps mais reste intéressant. C’est pourquoi, une question, impensable il y a une dizaine d’années est désormais posée : doit-on pratiquer la chirurgie de l’obésité chez des personnes diabétiques en surpoids (IMC <35 kg/m2) et non plus la réserver aux obésités sévères ou aux obésités d’IMC>35 kg/m2 avec des comorbidités dont le diabète, comme c’est d’ailleurs le cas en France ?

La question est pertinente car si « rémission » n’est pas « guérison », l’objectif est d’améliorer le diabète et de ralentir la progression des complications propres au diabète. Le débat sur l’intervention la plus efficace est d’actualité, entre le by-pass gastrique et la sleeve gastrectomie mais il serait intéressant  et fondamental d’évaluer la technique Le Goff (gastroplastie avec plicature partielle de l’estomac), de manière indépendante, en double aveugle. Dans ma propre expérience de Le Goff Technique, les résultats sont équivalents au by-pass gastrique, sur l’amélioration ou la guérison du diabète de type 2, et la prévention des complications.

Quarante-trois sociétés scientifiques internationales dont les sociétés savantes européenne, américaine et française ont déjà pris parti. Elles ont plaidé en 2016 * pour que la chirurgie métabolique soit inscrite dans l’algorithme thérapeutique du diabète de type 2, en cas de déséquilibre sévère (au-delà de 8% d’Hba1c), malgré les traitements conventionnels. Et ceci dès un IMC de 30 kg/m2 !

Parce que la chirurgie métabolique permet de mieux soigner le diabète, indépendamment de l’IMC, je rejoins personnellement cette approche. Je plaide aussi pour que l’intervention chirurgicale soit remboursée. L’IMC peut correspondre à une obésité même légère, entre 30 et 34,9 kg/m2, des valeurs où se situe la majorité des diabétiques de types 2.

L’avantage pour le patient diabétique en surpoids serait certain mais celui pour la société aussi, générant des économies considérables pour le système de protection sociale, par l’amélioration, la guérison du diabète de type 2 et la prévention des complications gravissimes et très coûteuses ; le diabète pèse très lourd dans les dépenses de santé (10 milliards d’euros annuels, en 2014). De plus, la croissance du nombre de diabétiques (+2,9 % par an), combinée à la diffusion des thérapies innovantes et onéreuses, pourrait accroître la facture des remboursements d’antidiabétiques de 562 millions d’euros entre 2015 et 2020.

* Diabetes Care 2016;39:861–877